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Le mot de l'Aumônier

 

Ce qui tient la Troupe ensemble

 

J’écris cet article à La Rochelle, où nous avons passé notre camp de Pâques de l’année dernière. Non pas, messieurs les nouveaux, La Rochelle en Charente-Maritime, mais La Rochelle dans la Haute-Saône, dix habitants, cinq cents vaches, un château. Ça me console un peu d’avoir manqué le camp de Pâques de cette année.

 

On ne choisit pas quand on est malade. Mais d’une certaine façon, j’étais à ce camp de Blois, puisque j’ai prié pour vous.

 

La prière comble les distances. Elle établit des ponts.

 

La prière n’est pas d’abord pour soi. Elle est pour les autres. Je veux dire que vous pouvez demander des choses pour vous-mêmes, naturellement, mais que la prière est d’abord faite pour demander des choses pour les autres. Qu’ils aillent bien, qu’ils aillent mieux, qu’ils réussissent ce qu’ils doivent réussir, qu’ils grandissent, qu’ils progressent, qu’ils découvrent, qu’ils comprennent, qu’ils changent, qu’ils guérissent… La prière contient tout ce que nous ne pouvons pas dire à autrui, soit parce que nous n’osons pas (ce qui est plus fréquent qu’on ne pense : qui a dit à un gars de sa patrouille toutce qu’il pensait de lui, en mal comme en bien ?), soit parce que nous ne pouvons pas.

 

La prière vient compléter notre action. Un scout qui ne prie pas ne fait qu’à moitié ce qu’il a à faire. Un C. P. qui ne prie pas pour sa patrouille en particulier. Quand nous ne sommes pas ensemble, en patrouille ou en troupe, ce qui nous relie est la prière, c’est-à-dire de nous confier les uns les autres au Seigneur.

 

Prier tout le temps est impossible, mais confier sa patrouille au Seigneur, au moins une fois par jour, est facile. Et indispensable.

 

La prière est le lien invisible. Elle passe les distances et le temps. Elle dépasse les erreurs et les échecs. Elle est ce qui nous tient ensemble,  au-delà de la simple sympathie ou des efforts que nous faisons.

 

Elle n’a pas besoin d’être longue ni savante, pourvu qu’elle soit. Quand on prie, on n’a pas besoin de se censurer (le Seigneur en a entendu d’autres), d’être pieux ou bien élevé (le Seigneur s’en moque), juste d’être vrai. De demander ce dont on a besoin, ce dont les autres, ceux qu’on aime, ceux que n’on n’arrive pas à aimer, ont besoin. En toute franchise. Avec obstination (il arrive que le Seigneur se fasse un peu tirer l’oreille). Avec discrétion (la prière, ça se passe dans le cœur). Avec simplicité. Le matin ou le soir, ou n’importe quand. N’importe où.

 

Par la prière nous sommes unis. Sans la prière, il n’y a plus de troupe. Juste un vague rassemblement de gars.

 

 

Frère Yves Combeau o. p.

Aumônier